Amérique Latine
De nouveau, il parcourt le monde
et immobilise le temps,
éternel ennemi du vivant,
avec ces parcelles d'éternité
qui prendront l'aspect d'une image.
De nouveau, il parcourt le mondeet immobilise le temps,
éternel ennemi du vivant,
avec ces parcelles d'éternité
qui prendront l'aspect d'une image.
Et chacune d'entre elles se prêteà diverses interprétations.
Comme ici, à La Havane,
où il pourrait s'agir aussi bien :
en 1955, de la fille d'un dirigeant
d'une entreprise bananière
implantée sur l'île,
qui s'exerce à l'aquarelle...
...en 1970, d'une révolutionnairecubaine préparant des affiches
de propagande...
... ou en 2000, d'une artiste quivend ses dessins aux touristes.
(Et où il est démontré qu'on peut faire
dire n'importe quoi à une image)
Nemo connaît bien Cuba.Dans les années 30, l'oncle Anton
l'y avait emmené avec lui.
Nemo préférait alors suivre les rues
de La Havane plutôt que les cours
des frères du collège de La Salle.
Lorsqu'il y revintaprès la révolution,
c'était une autre Cuba
et lui-même était un autre.
Il réunit dans une image deux destinées
rattrapées ensuite par l'Histoire ...
... l'une mourra de son asthmeparce que le blocus américain
empêchera l'importation des médicaments
- et l'autre se donnera la mort
pour ne pas tomber entre les mains
de la police du Guatemala
où elle avait rejoint la lutte armée.
Santiago du Chili.Songe à toutes les images
entassées dans la mémoire
de ce vieux photographe ambulant.
Il en retrouvera d'autres
sur son chemin,
des vieux porteurs d'images,
à Tel-Aviv, à Leningrad, à Berlin.
Cordillère des Andes.Réfugié une nuit dans une obscure chapelle.
Au matin, se réveille auprès
d'une Amérindienne
à la beauté un peu flétrie, certes,
mais bien conservée pour son âge,
sans doute grâce à la pureté de l'air
qu'on trouve à cette hauteur.
Avec elle aussi,
le dialogue sera court,
mais il emportera son sourire éternel.